Océans | le 31 octobre 2012

Anne-Marie, patron-pêcheur à Saint-Jean-de-Luz

Anne-Marie Vergez, 53 ans, patron pêcheur du Nahikari (Désir en basque), est la seule femme à exercer ce métier à Saint-Jean-de-Luz. Oui, après vérification, on dit aussi “patron pêcheur” pour une femme…
Anne-Marie a choisi ce métier, il y a 20 ans. Elle se bat aujourd’hui pour faire entendre la voix des artisans pêcheurs, absents des grandes négociations internationales.

Anne-Marie pêche à la palangre. Une palangre comprend une ligne principale sur laquelle sont attachés de place en place des bas de ligne ou avançons garnis d’hameçons appâtés. Cet engin de pêche peut donc être assimilé à une succession de lignes disposées à intervalles réguliers et mouillées pour quelques heures. Cette technique de pêche traditionnelle est considérée comme l’une des plus anciennes: avant d’être adaptée sur un bateau, elle était utilisée sur les grèves, notamment sur celles à marée.

Anne-Marie est une femme. Elle a un petit bateau. Elle assume ses différences, et en fait une force. Elle se bat, pour un seul objectif : Les décisions au niveau français et européen doivent prendre en compte les petits métiers de la pêche, seuls capables de la pérenniser. Elle veut faire entendre la voix des petits lors de la renégociation de la Politique commune de la pêche de l’Union européenne.

Anne-Marie, comme Guy et comme Gwen, est persuadée qu’une autre pêche est possible. Une pêche d’avenir, basée sur la sélectivité de la ressource (la méthode de pêche ne prend que ce dont le pêcheur a besoin pour stopper les rejets), basée sur des entreprises dans lesquelles le pêcheur est investi, en étant propriétaire de son bateau, basée sur le respect de la ressource en poison (saisonnalité de pêche, zones de réserves)..

Et vous, et nous, consommateurs, citoyens, que faire ?

D’abord, porter leurs voix au niveau européen, en signant la pétition de FishFightFrance

Puis en n’achetant pas de poissons plus petits que la taille autorisée (par exemple le bar : 36cm, le maquereau: 20cm, le marbré : 20cm, le sar : 25cm). En privilégiant la qualité plutôt que la quantité : plutôt que de manger des filets de poissons blancs surgelés ou du poisson d’élevage, réduisez votre consommation mais faites vous plaisir en choisissant un poisson de qualité, pêché localement comme le Merlu de ligne du Golfe de Gascogne ou le bar de ligne de Bretagne. En discutant avec votre poissonnier : pour savoir d’où vient le poisson et comment il a été pêché, la seule indication “Atlantique Nord Est” par exemple ne vous donne pas assez d’information, réclamez-les au poissonnier ! Dans les zones littorales, il est possible d’acheter le poisson des bateaux des pêcheurs artisans sur le marché, directement auprès d’eux.

23 avis pour “Anne-Marie, patron-pêcheur à Saint-Jean-de-Luz”

  1. Lauqué dit :

    un témoignage poignant d’une femme pêcheur dont le métier est en danger. Un soutien n’est que la moindre des choses pour elle et les autres.

  2. Marcus dit :

    Vous pouvez aussi consulter son site: http://www.merlu.de.ligne.free.fr

  3. lahouli dit :

    vraiment c’est la fameux méthode pour protéger notre ressources de peche et lutter contre la suexploitation marines

  4. SAUNIER dit :

    C’est un témoignage fort intéressant . Cette femme a le mérite de dire haut et fort ce qui se passe avec ces pêches industrielles . Faisons vivre nos petits pêcheurs . Un étiquetage devrait être obligatoire , mentionnant l’origine de la pêche , artisanale ou industrielle . Arrêtons ces armadas de gros bateaux qui seront dans peu de temps , la ruine des Mers et des Océans .

  5. yayabreizh dit :

    Il y a des labels sérieux qui vous permettent maintenant de savoir ce que vous mangez et la manière dont le poisson à été pêché. Les pêcheurs bretons ont en effet un label “bar de ligne” qui vous assure que le poisson est issu d’une pêche responsable (les poissons sont remontés un par un sur le bateau et non pas à l’aide d’un chalut). Vous leur assurez des revenus déscents et préservez ainsi la ressource :-)

  6. defromont dit :

    Bonjour,
    Enfin de la chair et de l’os en publiant ce témoignage d’Anne-Marie.
    Je m’étais déjà exprimée auprès de Greenpeace pour dire qu’on ne sentait pas tellement l’humain derrière ses combats. Merci. MD

  7. lebatteux dit :

    Les patrons pêcheurs sont ceux qui dans les années 1960 à 1980 ont ravagé la ressource en chalutant des tonnages hallucinants et en allant chercher les prix de retrait, prix garantis par le gouvernement pour soi disant écouler les poissons débarqués, créant ainsi une course au tonnage de mauvaise qualité. Et maintenant la même profession voudrait nous faire croire à une virginité retrouvée ?

    Faite vos preuves et en particulier les bilans carbones des navires artisans

    Montrer nous que les caseyeurs respectent bien le nombre de casier et que les fileyeurs n’ont qu’une longueur légale en pêche et pas deux ou trois fois comme cela est bien souvent le cas !!!

    Allons soyons réalistes, tant que personne ne contrôlera en Mer et à la débarque rien ne sera respecté

  8. lefort dit :

    Bonjour,

    Oui, je soutiens totalement Anne-Marie.

    Bisous

    Bob

  9. CUPIDON dit :

    Qu’est-qui pousse soudainement GREENPEACE à passer de la creme dans le dos de la petite pêche?

    Quelqu’un peut il me répondre?

  10. Philou dit :

    sauf erreur, GP travaille depuis longtemps sur la pêche, non ?
    à mon avis il a toujours fait le distingo entre les gros “prédateurs” et les artisans pêcheurs, ce n’est pas nouveau

  11. constance dit :

    je suis contre ces bateaux usines qui raclent les font marins et détruisent j la faune en ne laissant aucune chance aux poissons.

    je suis tout à fait d’accord de manger moins pour laisser de quoi vivre à nos enfants et laisser le temps aux poissons de se reproduire

  12. NANOU dit :

    Un témoignage du vécu, de chair et d”arêtes” qui plus est par une femme ce qui n’est pas banal en soit.

    Cela suscite chez moi 2 commentaires :

    - Les petits pêcheurs comme Anne-marie ont une une gestion de la ressource halieutique à taille “humaine” et c’est cela qu’il faut soutenir pour préserver le droit de manger sainement sans gâcher la nature et la biodiversité animale tout en contribuant à préserver les emplois liés à la pêche en France.
    Ils doivent être entendus au même niveau que les gros qui n’ont bien souvent que des intérêts à court terme et sans vision durable.

    - Est-ce un hasard si ce monde de la pêche qui ne porte que les intérêts des “gros prédateurs” pour reprendre l’expression imagée est un monde très masculin ?
    Les femmes ont peut-être à faire entendre une différence dans le mode d’exploitation et de production lié aux richesses naturelles, dans la défense des intérêts des petits métiers de la mer, différence qu’il serait souhaitable d’étendre à l’ensemble des sphères professionnelles, politiques et décisionnelles.

    Soutenons Anne-Marie pour son combat en faveur de la “petite pêche” et encourageons des femmes comme elles à prendre part, nombreuses, aux décisions engageant l’avenir d’une filière professionnelle et l’avenir de notre planète.

  13. Tom dit :

    100% d’accord avec cette dame,
    si nous voulons préserver notre écosystème, qu’il soit aquatique ou terrestre,
    nous devons favoriser les petits producteurs, petits agriculteurs, pêcheurs, tout comme l’artisanat..!
    Nous savons bien que les grandes multinationales n’ont souvent hélas aucun respect pour notre planète
    et qu’ils commencent par détériorer et finissent par épuiser totalement certaines ressources, c’est catastrophique dans bien des cas! Je crois que nous devons et devront faire face, pour ceux qui peuvent se mobiliser et se battre pour garder notre mère la terre intacte lorsque cela est possible.
    “If we want, we can”, consommons RESPONSABLE et économisons, préservons
    Bravo Anne-Marie et bravo GREENPEACE, we love’ you

    Thomas

  14. le pironeau dit :

    mon épouse vient d’attiré mon attention sur ce reportage, je connais bien ce moyen de pècher, je suis allé souvent sur le bateau d’un ami pècheur professionnel qui pèchait au”bao”,il était courant de remonter en six heures entre 60 et 120 kilos de bar de belle taille, les plus petits faisaient plus de trois kilos!
    mais comme dit la pub “ça c’était avant”
    a l’époque que je décrit il y avait sur la région plus d’une dizaine de conserveries de sardines et anchois, et les déchets de ces conserveries étaient reversés dans la mer, ce qui attirait toutes sortes de poissons qui venaient s’alimenter sur les cotes, les différents courants de marées montantes et descendantes se chargaient de distribuer la nourriture a de grandes distances des ports, de mème on trouvait dans les rochers a marée base toutes sortes de crabes, araignées, homards et langoustes qui aujourd’hui ont disparu, car un personage important( totalement ignorant des choses de la mer) a un jour décidé qu’il n’était pas écologique de polluer la mer avec des déchets biologiques. j’ai une dent dure contre ifremer qui ne tient pas compte de ces données!

  15. le pironeau dit :

    saint jean de luz,
    dans les années 60 et 70, les thonniers de ce port du pays basque venaient chez nous pour acheter a nos sardiniers, des sardines vivantes qu’ils avaient commandé pour pècher le thon !
    a cette époque bénie on pèchait le thon a la ligne, en quantité raisonnable, il y avait a bord 10 a 15 pècheurs qui gagnaient bien leur vie en respectant la nature et en préservant le stock disponible pour les saisons a suivre !

    on était loin des gros bateaux d’aujourd’hui avec les filets dérivants de plusieurs kilomères, et a bord de trois a cinq matelots payés au minimum et en dessous !

    l’argent a tué ces artisans et est en train de détruire la ressource naturelle de thon rouge et thon blanc !

  16. Pirouette dit :

    Un dur métier pour une femme, mais quand on aime, on ne compte pas.

    Bravo Anne-Marie, j’espère que vous serez entendu.

  17. Aubépine dit :

    Bravo ! ! ! Anne-Marie, je souhaite que vous soyez entendue ! ! !

  18. Marie dit :

    D’accord avec Nanou et Tom. Pour ma part je mange très peu de poissons et je ne m’en porte pas plus mal mais lorsque j’en achète ce sont souvent des poissons de chez moi la Méditerrannée. Il faut interdire par n’importe quel moyen ces bâteaux usine qui détruisent tout et n’enrichissent que les multinationales. C’est une sorte de terrorisme…

  19. MomoParis dit :

    Anne-Marie,

    Je vous soutiens dans votre combat.

    Il faut que les mentalités changent…

  20. justine dit :

    bonjour,

    que pensez vous du role de GP dans la gestion de la PCP? J’ai une amie qui m’a envoyé un bon article publié dans l’ouest France et j’aimerais que ceux qui s’y connaissent se penche dessus! afin qu’il m’explique quel est le role de GP dans la gestion de la PCP?

    voici le lien:
    http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Peche.-Les-gros-sous-du-lobbying-ecologiste_39382-2131505_actu.Html

    merci d’avance!
    j’espère avoir vos réponse pour communiquer sur ça…

    Justine

  21. Emmanuel dit :

    Bonjour,
    Je heureux de lire cet article, en effet nous vivons presque les mêmes problèmes en Afrique ou je me trouve particulierement au Gabon, il y’a des lois mais pas de suivi contre les bateaux de peche chinois. Cette femme est porte parole des communautes de pecheur artisant

  22. Seb du 132 dit :

    Bonjour Justine,

    Tout d’abord je corrige votre lien car il ne fonctionnait pas :
    http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Peche.-Les-gros-sous-du-lobbying-ecologiste_39382-2131505_actu.Htm

    puis je vais procéder à quelques commentaires. Je ne suis pas un spécialiste, mais la lecture du rapport reste accessible.

    Ce rapport explique que les grosses ONG oeuvrant pour la protection des océans seraient majoritairement financées par des fondations américaines dont le but final serait de parvenir à un système de marché sur les quotas de pêche, équivalent au marché du carbone en quelque sorte. On imagine facilement les désastres d’un tel système, avec les grosses entreprises rachetant les quotas aux petits patrons pêcheurs, signat leur arrêt de mort. Les ONG seraient en cela manipulées, ou même manipulatrices, pour arriver aux fins de ces fameuses fondations. Soit.

    Or Ce dossier est extrêmement trompeur sur le cas de Greenpeace : en effet, il est cité à plusieurs reprises, assimilés aux autres ONGs du rapport (WWF, Oceania, MSC, etc..) mais il ne reçois AUCUN financement des fondations américaines (graphique 2). En effet, selon leurs tableaux, Greenpeace repose quasi-exclusivement sur les dons de ses adhérents (graphiques 3 et 4). Ce rapport est donc un bel ouvrage de désinformation et de discrédibilisation, et le journaliste de Ouest-France a mal fait son travail en ne lisant le rapport qu’à moitié et en accusant Greenpeace.

    Voilà, j’espère que cela peut vous rassurer quant aux actions que peut mener GP, qui au contraire s’est toujours battu pour la sauvegarde de la pêche artisanale.

    Sébastien.

  23. Seb du 132 dit :

    oups, erratum :
    “repose quasi-exclusivement sur les dons de ses adhérents (graphiques 5 et 6) “


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