Océans | le 8 juin 2012

Journée mondiale : des océans au bord de l’épuisement

Ce 8 juin, c’est la journée mondiale des océans… L’occasion de nous rappeler, ou de réaliser, que nous avons oublié l’évidence : ce que sont les océans.
Ils représentent 70% de la surface de la planète. Ils sont le berceau d’une biodiversité incroyable et encore méconnue. Ils sont source de vie, de survie… Mais ils sont aujourd’hui au bord de l’épuisement.

Photo : (c) Greenpeace / Pierre Gleizes.

Pourquoi ? Parce qu’il y a une incompréhension de ce qu’est la mer.

Nous sommes habitués à y puiser sans limite poissons et fruits de mer que nous aimons manger. Parce que les fonds des océans nous sont invisibles, nous avons imaginé qu’ils étaient sans limites.
Nous avons oublié des évidences : la pêche n’est pas une industrie de production : c’est un prélèvement d’animaux sauvages dans leur milieu de vie. Si la pression de pêche sur un stock de poisson est trop forte, il ne peut pas se maintenir à un niveau stable car le prélèvement de poisson est supérieur au nombre de nouveaux poissons issus de la reproduction du groupe.

Lire : Les océans pris en étau entre pêche destructrice et surpêche

La quête de croissance méprise les océans et les populations qui en dépendent

La pêche industrielle est la première à piller les ressources des océans. Les bateaux industriels de pêche prennent d’énormes quantité de poissons, sans forcément viser une espèce en particulier, ou parce qu’ils utilisent des méthodes de pêche destructrices, telles que le chalutage profond.

Mais nos dirigeants, nos politiques ne proposent pas de bonne solution : 7 stocks sur 10 dans les eaux européennes sont surexploités ou au bord de la surexploitation. Si on continue à pêcher à ce rythme, d’ici 35 ans nous aurons tout simplement vidé les océans. Mais depuis son instauration, il y a 30 ans (1983), la Politique Commune des Pêches n’a manifestement pas rempli sa mission de “garantir une exploitation des ressources aquatiques vivantes qui crée les conditions de durabilité nécessaires tant sur le plan économique, environnemental, qu’en matière sociale”.
Au contraire, elle a privilégié le court terme et les intérêts des bateaux européens les plus destructeurs en leur attribuant des subventions et des quotas de pêche trop généreux. Ces pratiques se sont traduites par un désastre environnemental, des performances économiques médiocres et un déclin de la stabilité sociale et de l’emploi.

Revoir la campagne en mer et à terre : SOS Océans, l’Europe doit protéger ses mers

Les océans, décharge à ciel ouvert

Les océans sont devenus une immense poubelle. Il y a bien sûr les pollutions dues au passage des pétroliers et des chimiquiers ou aux plates formes pétrolières. Mais 80% des polluants retrouvés dans les mers et les océans proviennent de nos activités à terre. Ce sont les eaux usées, les plastiques, les rejets industriels, les pesticides et les engrais agricoles, les déchets radioactifs, les armes périmées (ou “déchets de guerre)…

Le cercle vicieux des dérèglements climatiques

C’est une autre conséquence des activités humaines. Et les effets en sont nombreux et déjà mesurables : fonte des glaces, avec pour effet la montée des eaux. D’autres phénomènes sont tout aussi préoccupants : la montée de la température, la modification des courants océaniques, l’acidification des eaux ou les changements de salinité, le développement d’espèces invasives… Les océans deviendraient alors de nouveaux vecteurs de dérèglements climatiques. C’est le cercle vicieux : les dérèglements climatiques affectent gravement les océans, en retour ces bouleversements des équilibres de nos mers accélèrent à leur tour les dérèglements climatiques…

La situation des océans réclame une vigilance de chaque instant, et une réaction immédiate ! Les leviers d’action sont nombreux, et le réveil est absolument crucial !
Notre politique de pêche est archaïque. D’abord, parce qu’elle ne considère les ressources que de manière quantitative. Greenpeace se bat pour protéger les océans et permettre aux pêcheurs de continuer leur métier. 80% des pêcheurs en Europe pratiquent une pêche artisanale, sur de plus petits bateaux, moins puissants, en pêchant plusieurs espèces selon les périodes de l’année, en adaptant leurs pratiques à leur environnement. Ce sont EUX que l’Europe doit aider !

Les océans ont désormais besoin d’espaces protégés, de réserves marines avec un cadre réglementaire au niveau non seulement national mais aussi international! Les océans sont une ressource, une richesse commune à tous, un patrimoine que l’ensemble des pays du monde doivent respecter, et protéger.

Les rendez-vous sont nombreux cette année, et les responsables politiques devront agir : Mardi, à Luxembourg, les ministres européens de la pêche discutent une proposition de réforme de la Politique commune des pêches (PCP). Dans quelques jours, le sommet de Rio+20 démarrera, puis, en décembre, la conférence des Nations Unies.
Un peu d’ambition, un peu de volonté, un peu de courage politique … il est temps !

27 avis pour “Journée mondiale : des océans au bord de l’épuisement”

  1. 01010101 dit :

    je vote donc j’empoisonne

  2. Greenisjustacolor dit :

    Je ne peux que féliciter ce genre d’article qui fait l’effort d’aller en dehors des écueils classiques. En persévérant dans cette voie nous trouverons sans doute des éléments de réflexion intéressant. Maintenez le cap Greenpeace!

  3. Marie dit :

    A l époque ou on étaient “béte” on disaient “la bourse ou la vie”, maintenant que l’on est intelligent l’on dit “la vie ou la bourse, je ne sait si au bout des comptes, nos descendants vont y gagner, les poissons argentés vont sans doute disparaitre avec notre espèce, a ne vouloir sauver que le serpent monétaire, nous oublions le principal. LA VIE. Marie à la fontaine.

  4. Greenisjustacolor dit :

    Encore une fois, qui sont nos dirigeants, nos politiques qui font n’importe quoi et sur qui il faut faire pression? Sont ils des cas isolés? Est ce seulement dans la pêche? Faut il déterminer des domaines clés où réglementer alors? Comment sont fabriqués ces groupes d’hommes et de femmes qui trouvent toujours une bonne raison à détruire la nature dont ils considèrent qu’elle leur est subordonnée et à manquer de respect à l’être humain? Pourquoi retrouve t’on toujours les mêmes profils de personne qui ont toujours une bonne cause pour manquer de respect envers autrui, aller dans l’excès?

    Tant qu’il y aura des pyramides et que l’ascension est facilité dès lors que l’on est excessif, il y aura des problèmes dans le domaine de l’environnement ou dans un autre. Tout ce qui est à la base (ressources humaine, minérale, halieutique, etc…), sera méprisé, exploité, on continuera de faire des lois qui n’illustreront que notre incapacité à être responsable dès lors qu’il n’y a pas de limite. Alors nous aboutirons à un monde contraint fait de règles rigides et liberticides.

  5. 01010101 dit :

    je vote donc j’empoisonne et je tue

    vous a-v vo-t vous vous êtes tromp !!

    il est plus time de pleurnicher sur les blogs qe tout va mal

    GRÈVE GNÉRALE MONDIALE

  6. fred dit :

    C’EST QUOI CE PHOTOSHOP BIDON PIERRE GLEIZE ?

  7. fred dit :

    Greenisjustacolor dit : Samedi 9 juin 2012 à 13:36
    … ressources humaine,

    >> TU emploie cette expression ?

    WOW !

  8. fred dit :

    la vidéo est très bien et pardon de critiquer les .xcf !

  9. Greenisjustacolor dit :

    @fred
    Ce n’est que pour souligner le parallelisme des considerations.

  10. Greenisjustacolor dit :

    @ binaire dont l’écriture progresse
    Oui et je revote demain!

  11. 01010101 dit :

    moi de mm mais pour moi !! pas pour tartenpion et cie de la milliardiz planétr suicidr et 7 drni’r !!

    JE VOTE DONC J’EMPOISONNE ET JE TUE !! et tant pis pour les enfants de fuQshima et de syrie !!

  12. Greenisjustacolor dit :

    Excellent article sur médiapart sur l’économie verte. Extrait :
    “à coups de rapports plus néolibéraux les uns que les autres, les institutions internationales en ont fait (l’économie verte) un synonyme d’exploitation de la nature au profit des intérêts privés, et occidentaux en particulier. Eloge des mécanismes de marché, promotion de l’innovation technologique, valorisation du rôle des entreprises, mécanismes de compensation : tout l’arsenal de l’orthodoxie économique et de la réduction du rôle de l’Etat à la portion congrue a été mobilisé. Si bien que parmi les premiers détracteurs de l’économie verte, on trouve aujourd’hui les défenseurs des biens communs, des militants écologistes et des dirigeants de pays en développement.”
    Volkswagen, Mattel, Apple, c’est toute la stratégie de Greenpeace qui est en passe de prendre une drôle de connotation, à défaut de changer de cap, il vous faudra changer de com’. Le rio+20 en étant la consécration de l’économie verte en mettra aussi à jour ses failles, de quoi forcer les moins écologistes d’entre vous (ceux qui suivent le sens du vent) à changer de côté de barricade.
    L’économie verte si on regarde bien est colporteur de messages très dangereux. Il nous fait croire qu’on va sauver la planète à coup de bio et de renouvelable. C’est faux, l’économie verte ne fait que préserver le train de vie irresponsable des pays les plus riches, préserver des méthodes de management à l’anglosaxonne, préserver la politique du chiffre, préserver le carnet de commande des boites de com’, préserver tout l’appareillage et toute la philosophie capitaliste.

  13. fred dit :

    en parlant des océans, la pétition pour dire non au pétrole off shore en Guyane dont voici le lien

    http://www.avaaz.org/fr/petition/Non_a_lexploitation_petroliere_au_large_de_la_Guyane/

    est portée par le collectif guyanais Or Bleu Contre Or Noir.

    http://or-bleu-contre-or-noir.org/

  14. 01010101 dit :

    qi parle de sov la netpla

  15. Fadia dit :

    Notre système économique est complètement déconnecté de la réalité c’est un fait !

  16. Greenisjustacolor dit :

    Il faudrait aussi aller chercher les chiffres de consommation du poisson, il me semble que les français ne consomment pas beaucoup de poisson. Où part tout le poisson?

    Il y a aussi un travail de réflexion à mener sur l’endroit même de la déconnexion entre le système économique et la réalité. Où se situe précisément le champ de distorsion? Notre conditionnement commun au marketing et à la com’ et le fait que ce soit entretenu par tous ne crée t’il pas un rideau face au bon sens commun? N’y a t’il pas une rupture lorsqu’on dissocie la compétence “communiquer” du contenu du raisonnement “réflexion écologique”. C’est du fordisme intellectuel que naît la fracture entre l’homme et son environnement. Ce conditionnement est dangereux car il nuit au pouvoir d’écoute.

    La com’ est un vecteur de malbouffe intellectuelle. Elle implique une escalade dans l’excès. Peut on critiquer un pouvoir et s’inpirer de lui pour le combattre? N’est pas une levée de digue?

  17. Fadia dit :

    Descartes disait : “Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée car chacun pense en être si bien pourvu que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en tout autre chose n’ont point coutume d’en désirer plus puisqu’ils en ont. En quoi il n’est pas vraisemblable que tous se trompent mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme être le bon sens ou la raison est naturellement égale à tous les hommes et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon mais le principal étant de bien l’appliquer”

    Perdre le bon sens, nous ferait-il perdre la raison où même le sens des réalités.

  18. 01010101 dit :

    cool vido et no b’zo1 de pocd tl o tl 6tm pour visionner lecture directe

  19. Greenisjustacolor dit :

    Je pense qu’il y a en nous, que l’on entende ou pas une douce musique de l’humanité, le bon sens en fait parti. Partout où l’occidental a étiqueté une façon de concevoir la vie qui lui est étranger du nom de culture, il y a d’autres musiques, chacune étant un partition d’une symphonie de l’harmonie. De ma petite expérience elles se superposent merveilleusement bien et promet un équilibre de la planète. De mes connaissances des religions et de la spiritualité, elles se “recoupent” toute notamment dans ce que l’on pourrait appeler le bon sens. Je parle de religion pas de l’instrumentalisation qui en est faite.

    J’avoue que le début de ta citation ne me paraît pas très claire, mais la fin est intéressante. On connaît tous des gens qui sont doués de belles théories mais lorsqu’il s’agit ne serait ce que de mener leur vie comme ils le souhaitent, c’est plus compliqué car cela nécessite un engagement. C’est compliqué aussi car leur perception du monde est altérée. Altérée par la peur, par les impératifs auxquels ils sont soumis, altéré car tout ce qu’il voit et touche est issu du design par l’argent.

    Dans mon pays, le maître n’est pas que celui qui apprend à lire et à écrire, il n’y a pas de tiroir, de matières et c’est surtout quelqu’un qui a vécu et qui transmet son expérience. Il n’y a pas de déconnexion entre les générations, entre le travail et les loisirs. Quand il communique sur quelque chose c’est parce qu’il connait le fond et la forme. Mais cette culture est en sursis. Partout, les occidentaux sont arrivés avec leur bureaucratie, leur administration leur méthode ou tout est dissocié pour mieux régner. On construit des villes stériles ou les gens se parlent pas, vive dans des espaces tout petit, construit à la verticale pour rentabiliser l’espace, des villes où tout se payent tout s’achète. Mon père n’est pas écologiste ou botaniste mais il connait les vertu de beaucoup de plantes, il a un respect des animaux, il a un respect de la nature parce qu’il vivait de la ressource. De là il en tire une grande sérénité, une immense dignité. Il ne fait pas de long discours comme moi, c’est un humble poète de la vie, jamais malade, jamais fatigué.

    En contraste, je vois cette génération capitaliste aux manettes qui pense tout savoir qui pour respecter la planète serait prêt à ne pas respecter leur voisin. Et tout est facilité pour qu’elle ajoute son grain de sable pour un monde où il fait mal vivre. Et voici le chemin de mes ancêtres ensevelis sous une cacophonie de com’ parachutée, de doubles discours habiles et de mensonges commerciaux créant une réalité à part.

  20. Fadia dit :

    Le bon sens devrait rassembler car il est à la portée du plus grand nombre, il permet d’aller à l’essentiel et de se contenter de l’essentiel. Certains diront qu’il est à la croisée d’un chemin entre l’ignorance et la connaissance mais…
    Ceux qui sont aux commandes ont fabriqués une réalité parallèle, faite de mensonges et de manipulations puis pour embrouiller les esprits, ils ont inventé un mot “crise” pour masquer leurs incompétences mais aussi leurs méfaits, ils ont offerts un pouvoir à ceux qui protègent leurs intérêts financiers, prêt à tout sacrifier, prêt à tous nous sacrifier.
    Ce n’est pas le moment de s’endormir, la planète a besoin de nous et nous d’elle faudrait pas l’oublier.

  21. Greenisjustacolor dit :

    :) Vive la citoyenneté!

  22. 01010101 dit :

    je sais paSSy je fais pareil mais oh combi1 de commentr rabâchent du djà dit 1000 fois en N/01010101 c’est atrrant

  23. Nico5 dit :

    Je suis d’accord avec l’analyse de Fadia et Greenis Justacolors aussi!

  24. Cala dit :

    Encore un bel article, mais c’est trop tard.. on est allé trop loin, dommage ;-(

  25. dix de derne dit :

    Si les océans redevenaient poissonneux les pécheurs ne seraient plus obligés de faire des heures de déplacement en bradant un fuel hors de prix pour trouver des lieux de pèche rentables.Je m’inquiète surtout pour les phoques de la cote d’opale qui pourraient souffrir de la faim.Des réserves marines interdites à la péche seraient les bienvenues.

  26. 01010101 dit :

    NE VOUS 1QIÈT PAS TOUT PASS C’EST AFFR DE TIME

  27. AON dit :

    J’irai bien avec vous sur un de vos bateaux pr me “battre” pacifiquement à vos côtés et plonger avec vous au cÅ“ur d’une réalité que nous ne voyons pas ou ne voulons pas voir, m’interposer entre ceux que l’on doit défendre et ceux qui impunément détruisent le bien commun de l’humanité.
    Merci Greenpeace .


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