Greenpeace révèle un trafic de viande de baleine de grande ampleur au Japon
France — Paris, le 15 mai – Greenpeace Japon vient de rendre public un trafic de viande de baleine sur le marché japonais. En interceptant des soi-disant « bagages personnels » de l’équipage du Nishin Maru, le navire-amiral de la flotille japonaise, l’ONG y a découvert 23 kg de viande d’une valeur de 3000 dollars découpée dans les meilleurs morceaux.Quatre mois d’investigation ont permis d’intercepter ce colis et ainsi de prouver l’existence d’un marché noir organisé. Une partie d’entre eux arrondissaient leurs fins de mois en débarquant des centaines de kilogrammes de viande dans leurs bagages personnels et alimentaient ainsi le marché noir à destination des restaurants japonais. Selon nos informations, 97 colis seraient ainsi entrés clandestinement sur le marché cette année.
« Depuis quand fonctionnait ce trafic ?, s’interroge Junichi Sato, coordinateur de la campagne Baleines au Japon. En tous cas, il porte sur des volumes tels que ni l’armateur, ni les agents de l’Institut de Recherche sur les Cétacés présents à bord ne pouvaient ignorer ces agissements. Ils ont fermé les yeux sur ces graves dysfonctionnements qui relèvent purement et simplement de la corruption. »
Greenpeace a demandé à la justice japonaise de mettre sous séquestre le lot saisi et a rédigé une plainte dont la recevabilité est en cours d’examen par les instances judiciaires. Au niveau des autorités, on ne nie pas la situation mais tout est fait pour la banaliser. Selon certains officiels, il s’agirait de « cadeaux » relevant d’une tradition (qui s’assimilerait à la godaille dans les pêcheries européennes) et cette viande serait destinée à la consommation familiale des marins. Or les investigations de Greenpeace menées auprès de certains restaurants ont permis d’établir qu’ils attendaient une livraison imminente de viande de baleine.
Ce trafic pose de nombreuses questions, en particulier les aspects sanitaires. Certains cartons contenaient de la viande issue d’une baleine porteuse de tumeurs importantes. Cette viande illégale, échappant par définition à tout contrôle vétérinaire, pourrait rapidement poser un problème de santé publique au Japon.
Alors que dans un mois se posera la question de l’arrêt de la chasse dite scientifique lors de l’assemblée générale de la Commission Baleinière Internationale, ce scandale montre une fois de plus que l’argument scientifique avancé par les Japonais n’est qu’un prétexte destiné à couvrir une filière commerciale et un marché noir n’ayant rien à voir avec la recherche scientifique.
Depuis 1986, un moratoire international est en vigueur sur la chasse à la baleine à des fins commerciales. Le Japon, de son côté, continue de chasser la baleine affirmant qu’il le fait à des fins scientifiques.
Greenpeace demande l’arrêt du programme de chasse japonais dans le sanctuaire antarctique. L’hiver dernier, l’Esperanza, le navire amiral de l’ONG, a considérablement gêné la flottille de chasse. Ce qui, de l’aveu même des autorités japonaises, a fortement contribué au fait qu’elle n’a pas atteint le quota de baleines qu’elle s’était auto-attribué.
une cyber-petition (en fait une lettre destinee au Premier Ministre du Japon) demandant une enquete approfondie de ces allegations est en ligne a l adresse:
http://www.greenpeace.org/international/news/whale-meat-scandal-150408/japan-investigate-the-stolen
a vos claviers et souris !
Pour préciser la situation :
Lors du dépeçage des baleines sur le pont du Nishin Maru les techniciens se découpaient au vu et au su de tous des parts dans les meilleurs morceaux, les passaient en salaison et les stockaient dans leur cabine.
Les acteurs de ce trafic “gagnaient” de cette manière environ 45 000 dollars CHACUN par expédition dans le grand sud. À se demander si ce n’était pas leur salaire.
Déjà scandaleuse en soi, cette chasse honteuse se trouve “entachée” d’un doux parfum d’argent (très) sale; la boucle est bouclée…
C’est marrant, ça ne me surprend pas. Tant qu’a être pourri, autant l’être jusqu’au bout!