Cupithon en action : à la rencontre des vacanciers

L’été est une période cruciale pour les marques de thon en boîte car cette période correspond à leur pic de ventes. C’est pourquoi, durant tout le mois de juillet, les militants de Greenpeace seront sur le terrain pour sensibiliser les consommateurs et les vacanciers friands de thon en boîte aux impacts dévastateurs de la surpêche, et pointer du doigt la responsabilité des marques.

Thons cherchent relation durable

Dispositifs de concentration de poissons, diminution inquiétante des stocks… les thons tropicaux souffrent des pratiques destructrices de la pêche industrielle.

Presque un an après notre campagne sur Petit Navire – MW Brands, nous ne souhaitons pas en rester là. Les marques de thon en boîte, dont les marques de distributeurs, ont un rôle important à jouer pour protéger les océans et soutenir une pêche durable. Elles peuvent et doivent intégrer des exigences environnementales et sociales ambitieuses dans les cahiers des charges qu’elles transmettent à leurs fournisseurs.

Pour cela, elles ont plus que jamais besoin de conseils.

Tous les thons méritent une relation durable

Afin de les conseiller, Cupithon, un thon albacore spécialisé dans le conseil relationnel auprès de l’industrie thonière, les guidera tout au long du mois de juillet.

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Conseil n°1 : réduire l’impact environnemental de la pêche thonière

La pêche thonière industrielle utilisant des DCP génère chaque année 100 000 tonnes de rejet, alors que d’autres modes de pêche respectueux des océans et de leurs ressources existent. La pêche à la canne ou la pêche à la senne sur bancs libres (sans DCP) sont des alternatives qui permettent de préserver la durabilité des stocks. La pêche à la canne est une technique sélective et n’engendre pas de prise accessoire d’espèces non visées comme les requins. Elle créé plus d’emplois par tonne de thons pêchés que la pêche à la senne. La pêche à la senne sur bancs libres évite la prise de thons juvéniles.
En effet, les DCP attirent les thons comme un aimant. Mais ils ne sont pas les seuls à subir cette attraction. Les requins soyeux, les tortues olivâtres, et bien d’autres, se retrouvent autour du DCP, puis pris dans les filets de thoniers senneurs qui finiront par les rejeter à la mer.

Aux côtés de Cupithon, VOUS pouvez agir en appelant les marques de thon en boîte afin de vous assurer qu’elles respectent ces conseils.

Sapmer : et pour quelques millions d'euros de plus…

Changement de stratégie pour la Sapmer. Les profits à court terme n’étant pas au rendez-vous, la Sapmer abandonne une stratégie qui visait à miser sur la valeur ajoutée, pour s’orienter vers une course frénétique aux volumes.
Cela fait maintenant 2 ans que les ambitions d’expansion de la Sapmer ont du plomb dans l’aile, mais c’est la publication des comptes de l’entreprise pour 2014 qui a été le déclencheur : une perte de plus de 11 millions d’euros !

Qui est la Sapmer ?

Cet armateur réunionnais a pendant longtemps été spécialisé dans la pêche à la légine. Il y a moins de 10 ans, ses dirigeants se sont lancés dans l’aventure du thon tropical.

L’ambition était sans limites : construire en à peine une quinzaine d’années plus de vingt thoniers senneurs dernier cri, construire des usines de transformation à Maurice puis en Papouasie-Nouvelle-Guinée, devenir un acteur clef du sashimi, le thon haut de gamme, s’imposer sur le marché très fermé du Japon, avec comme objectif de dépasser les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en doublant les captures totales de thon tropical des armateurs français.

Pour cela, l’entreprise s’est implantée dans des paradis fiscaux, à Singapour et au Luxembourg. Elle a bénéficié de subventions, levé des centaines de millions d’argent frais et développé une stratégie de marketing et de communication basée sur la valorisation de produits haut de gamme plutôt que sur la course aux volumes. On a même entendu les dirigeants mépriser le « vieux » modèle des armateurs français qui ne faisaient que du thon en boîte.

Une logique purement financière

Mais il a suffi que les profits ne soient pas à la hauteur pour que la maison-mère, le groupe financier Jaccar, reprennent en main les choses, au détriment, bien sûr, de l’environnement marin et des conditions sociales de l’entreprise.

Le virage est radical : baisse des salaires des officiers bretons (jusqu’à -48% !), réduction des effectifs des marins africains, notamment malgaches, mais surtout pression accrue sur la ressource (les patrons des thoniers doivent maintenant capturer 8000 t par an, alors qu’ils plafonnaient a 5000 t).
Pour cela, la Sapmer a décidé de s’inspirer du modèle espagnol, le plus destructeur : réaliser plus de captures avec plus de DCP, et utiliser des navires de soutien chargés uniquement de déployer les DCP.

Une logique simpliste ?

L’action de la Sapmer a perdu 35% environ en un an, passant de 20€ à 12,5€. La direction a donc fixé comme objectif d’augmenter les captures… Les propositions qui se votent lors de l’Assemblé générale des actionnaires de la Sapmer (qui se tient aujourd’hui), sont présentées comme un plan de « sauvetage ». Mais cette stratégie va dans le mur. La Sapmer pourrait même avoir le prix de l’entreprise qui se positionne systématiquement à contre-courant de l’histoire !

Lorsque la Sapmer est entrée dans le business du thon tropical en 2006, il était déjà clair que la puissance de pêche de l’industrie était un problème. Mais peu importe, l’ambition de la Sapmer passe d’abord. Objectif : construire 20 thoniers industriels, capturer plus de 100 000 t de thon par an et vendre ce thon le plus cher possible.

Résultat : comme la Sapmer n’est pas la seule entreprise à construire des bateaux, les prix du thon se sont écroulés. Le prix de référence est autour de 1 000€/t, ce qui pose de gros problèmes de viabilité économique et financière aux armateurs.

En mettant en suspens son plan de construction de 10 thoniers pour le Pacifique, la première réaction de la Sapmer peut sembler logique. Mais la décision qui a suivi est absurde : capturer plus de thons pour compenser la baisse du prix, c’est mener une politique de la terre brûlée… Ce prix bas est justement le résultat d’une surproduction.

Toujours plus de DCP

Quand tout le monde parle de limiter le nombre de DCP, la Sapmer s’engage dans une fuite en avant, en annonçant l’utilisation de navires de soutien destinés à déployer encore plus de DCP.
Le 1er juillet commence la fermeture pour 3 mois de la pêche sur DCP dans le Pacifique. C’est à la veille de cette date que les actionnaires vont valider cette orientation contre-productive.
Et si vous pensiez que la Sapmer avait oublié que les armateurs français se sont engagés à ne pas déployer plus de 150 DCP par navire, détrompez-vous. Elle s’en rappelle bel et bien et va délocaliser l’ensemble de sa flotte aux Seychelles.

Il est à parier que l’augmentation du nombre de DCP ne va pas permettre à l’action Sapmer de remonter et à l’entreprise d’atteindre enfin ses objectifs de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. En revanche, ce qui est certain, c’est que le nombre de requins, de tortues et de toutes les autres espèces prises par les thoniers et qui forment les prises accessoires va exploser, tout comme les captures de thons juvéniles. Ce qui risque de baisser encore, ce sont les prix du thon et la viabilité économique de l’entreprise.
Mais surtout, la Sapmer risque de se laisser distancer par les acteurs les plus durables. Ce sont les entreprises qui feront le pari inverse qui auront toutes les chances de s’en sortir : pêcher moins, pêcher mieux pour vendre plus cher.

Les consommateurs ont le pouvoir d’agir en faisant le choix du thon durable !
Les actionnaires devraient anticiper cette demande et s’orienter vers une pêche sans DCP, s’ils veulent un jour recommencer à toucher des dividendes.

Petit Navire innove…dans le greenwashing !

Presque un an après le lancement de notre campagne contre la pêche intensive pratiquée par les thoniers senneurs, Petit Navire vient de sortir un nouveau site internet : questiondeconfiance.fr. Leur but : renforcer le lien avec les consommateurs qui se sont détournés de la marque grâce à un discours rassurant sur la traçabilité et leur politique d’approvisionnement.

Pêche au thon : l'industrie espagnole fixe les règles et l'UE suit…

La semaine dernière, une trentaine de pays étaient réunis à Busan, en Corée du Sud, pour participer à la conférence de la CTOI, la Commission des thons de l’océan Indien, qui a lieu tous les ans. Son objectif : mieux « assurer la conservation et l’utilisation appropriées des stocks de poissons et d’encourager le développement durable des pêches ».

Thon : l'Union Européenne nage à contre-courant

Alors que depuis plusieurs années, les dispositifs de concentration de poisson (DCP) sont accusés de servir une pêche meurtrière, l’Union européenne vient de présenter en amont de la prochaine session de la Commission des thons de l’océan Indien (CTOI) une proposition pour le moins déconcertante. Au lieu de mieux protéger les stocks de thon et l’écosystème marin, l’Union européenne propose au contraire d’ouvrir la porte à l ‘augmentation de ces néfastes engins de pêche.

On ignore combien de DCP sont déployés en mer

Jusqu’à présent, le nombre de DCP sur chaque bateau était laissé à la libre appréciation des opérateurs thoniers. A l’échelle mondiale, la gestion de la capacité des flottes de thoniers senneurs est si lamentable qu’on ignore la quantité exacte de DCP présents dans nos océans…

D’après une étude publiée par le Parlement européen en 2014, il y aurait environ 91 000 DCP déployés dans le monde. Il s’agit seulement d’une estimation (certainement basse…), les plans de gestion récemment approuvés par les organismes régionaux de gestion des pêcheries comportant souvent des clauses de confidentialité qui empêchent la publication de certaines données et préservent ainsi les intérêts de certains acteurs industriels.

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L’UE propose de « limiter » le nombre de DCP à 550 par navire…C’est quatre fois plus que les estimations actuelles !

L’UE a-t-elle fait une erreur de calcul ? Si les quelque 678 gros thoniers senneurs pêchant à plein temps le thon tropical décidaient de s’équiper de 550 DCP chacun, on compterait alors plus de 370 000 de ces engins dans nos océans – soit un chiffre quatre fois supérieur aux estimations du Parlement européen ! De plus, autoriser 550 DCP par navire dans l’océan Indien, d’où provient la plupart du thon en boîte vendu en France, pourrait créer un précédent susceptible d’être reproduit ailleurs… Ce serait alors la porte ouverte à toujours plus de surpêche !

Cette proposition est d’autant plus absurde et incompréhensible que lors de la dernière session de la CTOI l’an dernier, l’UE a rejeté une proposition de l’île Maurice de limiter le nombre de DCP par navire à 200 (une quantité que Greenpeace trouve déjà bien trop élevée !), au motif qu’aucune donnée scientifique ne justifiait ce chiffre.

Nous serions curieux de savoir où l’UE a trouvé des données scientifiques attestant qu’une quantité de 550 DCP par navire est sans danger pour la ressource !

Au cas où certains États membres l’auraient oublié, ils sont tenus par de nombreux instruments internationaux (dont l’Accord des Nations unies sur les stocks de poissons) d’appliquer le principe de précaution, à plus forte raison quand les données sont « incertaines, peu fiables ou inadéquates ».

Les capacités de pêche au thon ne cessent d’augmenter

En 2009, les pays industrialisés pêcheurs de thon (largement responsables de la surexploitation de la ressource) avaient préconisé de geler les capacités de leur flotte thonière. L’UE était à l’époque l’un des plus fervents défenseurs de cette proposition.
Mais depuis, environ 110 gros navires sont venus gonfler la flotte mondiale depuis 2009, ce qui signifie que 678 thoniers senneurs pêchent actuellement le thon tropical à plein temps.

Non seulement ces nouveaux bateaux sont plus puissants que les anciens, mais leurs filets sont en outre beaucoup plus grands et ils utilisent des DCP. D’après de récentes études, le nombre de DCP dans les océans tropicaux a été multiplié par 2, voire 4, au cours des 10 dernières années. Parallèlement à cette prolifération, la Commission des pêches pour le Pacifique occidental et central a constaté une diminution des bancs de poissons.

À qui va profiter le crime ?

Aujourd’hui, les thoniers senneurs français affirment se limiter à 200 DCP par an.
En proposant de limiter ce nombre à 550, l’UE cherche-t-elle à inciter la flotte française à multiplier par plus de deux le nombre de ses DCP ? Ainsi, cette dernière donne l’impression de vouloir inciter les opérateurs qui utilisent moins de DCP à en utiliser plus pour rester compétitifs, alors que leur prolifération cause déjà des ravages. En effet, l’augmentation du nombre de DCP aura un impact sur ceux qui n’en utilisent pas ! Des données récentes démontrent qu’il est de plus en plus difficile de pêcher du thon listao sans DCP dans l’océan Atlantique et l’océan Indien occidental.

Ainsi, ce sont les bateaux les plus gros et équipés du matériel le plus sophistiqué qui vont tirer leur épingle du jeu. Une poignée d’entreprises de pêche thonière industrielle capables de prendre en charge toujours plus de DCP et d’investir dans des technologies toujours plus redoutables.

Cette proposition de l’Union européenne a pour réelle intention de mettre hors-jeu les petits opérateurs. Elle devrait être combattue par de nombreux acteurs de l’industrie thonière, par les pays qui ne possèdent pas ces bateaux-usines équipés de DCP, mais aussi par les négociants, les revendeurs et les consommateurs responsables.

L'ONU franchit une étape cruciale pour la protection de la biodiversité en haute mer

En 2004, Greenpeace commençait à alerter les gouvernements à travers le monde et les interpellait sur la nécessité de créer un réseau global de réserves marines, couvrant 40% des océans. Les éléments scientifiques existants démontrent que, pour préserver les écosystèmes marins, il est impératif que 20% à 50% des océans soient déclarés réserves marines. Au sein de ces aires préservées, aucune dégradation, extraction, exploitation n’est possible.

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