Océans | le 2 juillet 2010

Océan Indien : la limitation de la surcapacité de pêche et la création de réserves marines deviennent urgentes

Si le thon rouge de Méditerranée est aujourd’hui considéré comme une espèce menacée (voir la vidéo rendez-vous en novembre à l’ICCAT), d’autres espèces de thonidés sont également menacées.
L’Union européenne et la France notamment continuent à exporter et à créer de la surcapacité de pêche, dans l’Océan Indien par exemple, où l’on pêche des thons tropicaux. Or les organisations de gestion de la pêche aux thonidés se sont révélées incapables d’organiser une pêche raisonnée et durable.

Les industriels du thon se tirent une balle dans le pied en maintenant la surcapacité de pêche

Alors que la réunion sur la surcapacité de pêche réunissant les 4 principales organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) thonières qui se tenait à Brisbane (Australie) la semaine dernière, s’est achevée sur un échec, on vient d’apprendre que la France, qui a actuellement 10 thoniers senneurs pêchant dans l’Atlantique (côtes de l’Afrique de l’Ouest) et 11 dans l’Océan Indien, souhaite augmenter d’ici à 2015 de 18 792 tonne le volume total de sa flotte de l’Océan Indien, soit 4 nouveaux méga-senneurs, 15 senneurs et 8 palangriers reconvertis au thon tropical.

Or la majorité des populations de thons tropicaux de l’Océan Indien sont déjà au maximum de leur exploitation : c’est le cas du thon germon (ou thon blanc) et du thon obèse .
Le thon albacore, thon à la chair de couleur rouge fréquent sur les étals français et souvent présenté comme alternative durable au thon rouge de Méditerranée, est quant à lui déjà surexploité ! Il constitue de 25 à 50 % des captures françaises selon les années dans l’Océan Indien. 318 000 tonnes ont été pêchées en 2008 contre un maximum recommandé par les scientifiques de 300 000 tonnes et sa population se trouve à présent en dessous de la limite de durabilité !

De plus, les méthodes de pêche employées, telles que la senne coulissante associée aux dispositifs concentrateurs de poissons (DCP), sont redoutables car elles entrainent des captures importantes de juvéniles d’albacore mais aussi d’autres espèces de thons encore plus fragiles, ainsi que des captures de requins et de tortues marines.

A quoi joue la France !

Ces méga-senneurs industriels de 90 mètres construits par la Sapmer (armement basé à la réunion), ne peuvent même pas être enregistrés sous pavillon français car le registre est déjà plein pour cette catégorie de bateaux, et le sont donc sous pavillon “France Territoires”, et immatriculés à Mayotte!
Avec une capacité unitaire de 7 000 tonnes de thon par an, ils vont accroitre la pression de pêche sur ces populations de poissons déjà affaiblies alors que l’organisme de gestion de la pêche, l’IOTC, n’a toujours pas fixé de quotas de pêche pour ces thons tropicaux.

On rejoue donc exactement le même scénario que pour l’ICCAT et le thon rouge : construction d’une surcapacité de pêche massive avant même la mise en place de quotas par le gestionnaire, et alors que les scientifiques tirent déjà la sonnette d’alarme depuis quelques années !
La France ne peut pourtant ignorer cet état de fait. Cette démarche est en contradiction avec les engagements du Grenelle de la Mer ainsi qu’avec les promesses d’exemplarité faits par le gouvernement en la matière ! Cela au moment même ou la Commissaire européenne à la pêche, Mme Damanaki, demande aux ministres européens de s’engager pour une réforme sérieuse de la Politique Commune de la Pêche (PCP).
Elle s’alarme surtout du fait que les progrès en vue d’une réduction de la surpêche et d’une amélioration de la durabilité des stocks de poissons restent bien trop lents. Ainsi, le secteur a perdu 70% de ses emplois en 20 ans, et la quasi-totalité des stocks de poissons européens vont passer dans le rouge si rien ne change en matière de gestion.

Face à ce sombre constat, la France prône le statu quo, avec le maintien des quotas comme principal système de gestion des ressources halieutiques, et laisse la pêche industrielle s’accaparer des ressources déjà surexploitée.

Greenpeace demande donc que dans le cadre de la réforme de la PCP : les avis scientifiques aient valeur de référence légale pour la fixation des quotas de pêche, des objectifs contraignants de réduction de la surcapacité des flottes soient pris, la transparence et la traçabilité dans la gestion des pêches de l’UE soient améliorées

En toute logique, ces mesures devraient bien sûr être défendues par la France et l’Europe dans toutes les ORGP où elles sont présentes, comme dans l’Océan Indien.

La mise en place de réserves marines est urgente

Tout comme en Méditerranée, Greenpeace demande la mise en place de réserves marines en Océan Indien.
Le Gouvernement britannique a mis en place, le 1er avril dernier, la plus grande réserve marine mondiale (545 000 km²) autour de l’archipel des Chagos, considéré comme l’un des écosystèmes les plus riches du monde.
Cette dynamique doit se poursuivre, il faut à présent protéger des espaces en haute mer ainsi que les lieux remarquables où se rassemblent les thons dans l’Océan Indien, comme certains monts sous-marins.

Qu’est ce qu’une réserve marine
Nos documents sur le sujet

11 avis pour “Océan Indien : la limitation de la surcapacité de pêche et la création de réserves marines deviennent urgentes”

  1. lludov dit :

    Concrètement , le pécheur se noit dans son bocal

  2. Zarathoustra dit :

    Les soucis des pêcheurs viennent avant tout des subventions que verse la communauté Européenne et les états .Ils sont assis le”" entre deux chaises qui dit surpêche dit baisse des prix dit hausse des subventions .C’est l’histoire du poisson qui se mord la queue, sa tourne en rond…

  3. dagsit-bleu dit :

    malheureusement, il n’y a pas que le thon qui est en grand danger.

  4. francois dit :

    l absence de commentaires des “amis des pecheurs” est siderante … car on parle bien ici de thons et de surcapacité de flotte. Les Mediterraneens si loquaces des qu il s agit de Thunnus thynnus n ont rien a dire ? Etrange, ce silence concernant un probleme de peche, de surpeche, et de surcapacite de flotte ….

  5. sheldon dit :

    la terre brûle . et L’HOMME s’en fiche

  6. kooky dit :

    Il font leur travail on peut les comprendres mais ne pense pas au futur..

  7. Cindy dit :

    moi je dirais plutôt la TERRE MEURT, ON L’EPUISE MAIS L’HOMME SANS FICHE COMME D’hABITUDE…

    UN OCEAN SANS POISSONS !!! Faisons plutot une terre sans humain et tout redeviendra comme avant..

  8. lulu dit :

    Le 25 juin en cours de education civique, des filles sont passer pour un exposes sur l’hippophagie et c’est partit sur un debat… bien sur en tant que grande amoureuse de la nature et des animaux je participe au debat improviser.
    J’usqu’au moment ou ma voisine dit ” eh ben si on arreter de tuer les mamifere pourquoi pas tuer plus de poissons de toute facons c’est bete” et la je peut vous dire que je me suis enerver parce que sans les poisson :
    - pas de fonds sous-marins
    - pas de commerce
    - pas d’avenir
    - des tats de pays comme l’Afrique demunis de nourriture!!!
    Si c’est ca qu’ils veulent alors on peu tous mourir !!!!Et j’ai replique aussi que des associations en nt bien sur GREENPEACE se battaient pour la sauvegarde de reserve marine pour pas que des imbeciles comme les eleves de ma classe se” disent perdant tous les poisons OUPS ON AURAIENT DU FAIRE ATTENTION!!!!
    merci greenpeace

  9. Talamasca dit :

    Voci un article inquiétant sur la disparition du plancton :

    http://www.slate.fr/lien/25523/declin-plancton-menace-espece-humaine

    En résumé, on se dirige vers la contraction de la chaîne alimentaire…

  10. Franck dit :

    Merci GreenPeace !!!! Je suis avec vous !!!

    http://www.figerletemps.fr

  11. CurtisAnnie31 dit :

    Don’t you understand that it’s correct time to receive the credit loans, which can make you dreams real.

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